Interrogé sur les chances d'adoption du texte, le chef de la majorité démocrate à la chambre haute, Harry Reid a
déclaré: "je ne compte jamais mes votes avant qu'ils ne soient effectués".
Barack Obama avait dépêché son vice-président Joe Biden lundi au Capitole pour donner des explications aux élus démocrates dont certains étaient mécontents des
concessions faites par le président.
Après avoir longtemps insisté pour inclure dans le plan de nouvelles recettes fiscales, notamment en taxant les Américains les plus riches, M. Obama a
finalement cédé. L'accord conclu dimanche ne prévoit aucune hausse d'impôts.
"Cet accord est un sandwich de Satan saupoudré de sucre"
"Cet accord est un sandwich de Satan saupoudré de sucre. Si vous soulevez le pain, vous n'allez pas aimer ce que vous allez voir", a lancé sur Twitter le
représentant Emanuel Cleaver, président du groupe des élus noirs de la Chambre.
Mais le porte-parole de la présidence, Jay Carney, a rejeté les critiques sur l'absence de nouvelles recettes fiscales, assurant qu'une commission spéciale
bipartite créée par l'accord pourrait recommander des mesures telles que la suppression des subventions pour les compagnies pétrolières.
A droite, les élus proches de la mouvance ultraconservatrice du "tea party" réclament des coupes drastiques dans les dépenses et s'opposent même, pour certains,
à tout relèvement du plafond de la dette. Michele Bachmann, représentante candidate aux primaires républicaines sous les couleurs du "tea party", a dénoncé le compromis comme "dépensant trop
et ne coupant pas assez".
Mais le président de la Chambre, John Boehner et les autres chefs républicains ont mis tout leur poids dans la balance en faveur de l'accord. Le numéro deux
républicain de la Chambre, Eric Cantor, a estimé que ce plan n'était "pas parfait" mais qu'il allait "commencer à changer la culture (budgétaire) ici à Washington".
L'accord prévoit un relèvement du plafond de la dette d'au moins 2.100 milliards de dollars, pour permettre au Trésor de faire des emprunts après le 2 août,
selon le Bureau du budget du Congrès (CBO), un organisme neutre. Le tout pour tenir jusqu'en 2013, soit après la prochaine présidentielle à laquelle M. Obama est candidat.
Cette mesure sera accompagnée d'une première réduction des dépenses de 1.000 milliards de dollars. Une commission spéciale bipartite du Congrès sera ensuite
chargée de trouver -- avant Thanksgiving, fin novembre -- des baisses de dépenses supplémentaires de 1.500 milliards de dollars.
Dans le cas où aucun accord n'interviendrait sur des réductions supplémentaires, un mécanisme contraignant se mettrait en place, imposant des réduction
budgétaires automatiques.
Un responsable américain a indiqué dimanche que la Sécurité sociale et Medicare, le programme de santé pour les plus âgés, ne seraient pas touchés par ces
coupes automatiques.
Remous à l'étranger
M. Obama a assuré que l'accord allait ramener les dépenses fédérales à leur plus bas niveau depuis 60 ans, alors que la croissance américaine reste anémiée
(1,3%) et le taux de chômage élevé (9,2%).
Selon le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, l'accord sera "bon pour l'économie à long terme. "Cet accord à lui seul ne crée pas d'emplois. Ce
qu'il fait, c'est d'éviter de faire plus de dégâts à court terme", a-t-il dit lundi sur la chaîne ABC.
L'accord suscitait des commentaires peu enthousiastes, voire franchement critiques, de la presse américaine. "Pour éviter le chaos, un accord épouvantable",
titrait un éditorial du New York Times, tandis que le Chicago Tribune craignait que le texte ne soit pas suffisant pour "permettre aux Etats-Unis de conserver la note attachée à leur dette
publique", actuellement la meilleure possible (AAA).
La crise faisait aussi des remous à l'étranger: le Premier ministre russe Vladimir Poutine a accusé lundi les Etats-Unis de "parasiter" l'économie mondiale avec
leur dette