Par Caren Bohanet Adrian Croft Reuters - Samedi 26 juillet, 16h53
LONDRES (Reuters) - Au dernier jour d'une tournée internationale marquée par un accueil digne d'une rock
star, Barack Obama a défendu samedi à Londres
sa décision d'entreprendre un voyage à l'étranger en dépit des réactions contrastées qu'il semble avoir suscitées chez les électeurs américains. "Je suis convaincu qu'une grande partie des
enjeux auxquels nous faisons face chez nous ne pourront pas être résolus efficacement si nous n'avons pas de partenaires solides à l'étranger", a déclaré à la presse le candidat démocrate à
l'élection présidentielle à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre britannique Gordon Brown.
"Il était important pour moi, non seulement de souligner et de montrer comment la situation internationale
affecte notre économie chez nous, mais aussi, je l'espère, de donner aux gens chez nous, ainsi qu'aux dirigeants étrangers, une sorte d'aperçu de la direction dans laquelle une
administration Obama conduirait notre politique étrangère", a
déclaré le sénateur de l'Illinois.
Obama a indiqué qu'il avait évoqué divers sujets avec Brown, dont le Proche-Orient, le réchauffement
climatique, le terrorisme et les marchés financiers.
Les deux hommes ont passé au total plus de deux heures ensemble, d'abord dans la patio du 10, Downing Street
puis lors d'une courte balade dans un quartier touristique de la capitale.
Obama, qui est en compétition avec le républicain John McCain, a achevé samedi une tournée d'une semaine qui
l'a mené dans sept pays, l'Irak et l'Afghanistan d'abord,
puis Israel, la Jordanie et l'Europe.
Ce voyage visait en premier lieu à rétablir sa crédibilité en matière de politique étrangère, largement
contestée par McCain, qui le juge inexpérimenté en la matière.
Un sondage de l'institut Gallup publié vendredi le créditait d'une avance de six points sur le sénateur de
l'Arizona, un résultat similaire aux enquêtes d'opinion des semaines précédentes.
En Europe, Obama bénéficie d'une forte popularité qu'il doit en partie à son opposition à la guerre en Irak.
Pendant sa tournée, le sénateur de l'Illinois a souhaité que les efforts militaires américains se concentrent à nouveau sur l'Afghanistan et qu'il soit mis un terme au conflit
irakien.
QUEL IMPACT AUX ETATS-UNIS ?
Obama a réaffirmé sa proposition d'envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan et appelé les pays
européens à revoir à la hausse leurs contributions, déclarant "de toute évidence, nous aimerions qu'une partie du fardeau soit partagé".
Devant la résidence du Premier ministre, quelques fans britanniques du sénateur métis de 46 ans scandaient
"Yes We can", le slogan de sa campagne.
"Il est une bénédiction", s'est exclamée Lucien Senna, une femme noire de 39 ans, pour qui l'ascension
d'Obama prouve que les Etats-Unis sont en train de surmonter leurs divisions raciales.
Mais l'étape londonienne d'Obama, qui doit rentrer dans sa ville de Chicago, n'a pas eu le même lustre que
d'autres escales de sa tournée internationale.
A Berlin, le sénateur a prononcé l'unique discours public de sa tournée devant 200.000 personnes, au pied de
la Colonne de la Victoire du Tiergarten tandis qu'à Paris, il a reçu un accueil très chaleureux du président français Nicolas
Sarkozy.
Il est cependant difficile de savoir ce qu'aura retenu de ce voyage l'électorat américain, davantage
préoccupé, de l'aveu même d'Obama, par les prix du pétrole et les saisies immobilières.
"Je ne suis pas certain qu'il va y avoir un impact immédiat", a déclaré le sénateur. "Je ne serai même pas
surpris qu'il y ait, dans certains sondages, une petite baisse car nous étions hors du pays pendant une semaine".
Obama avait commencé la journée de samedi par un petit-déjeuner avec le prédécesseur de Brown, Tony Blair,
qui occupe aujourd'hui les fonctions d'émissaire du "quartet" des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient.
Leurs discussions ont essentiellement porté sur la situation au Proche-Orient et le réchauffement
climatique, ont fait savoir les services de Blair dans un communiqué.
Certains analystes politiques soupçonnaient Brown, en chute dans les sondages, d'espérer secrètement
bénéficier indirectement de la forte popularité du sénateur américain.
Mais le Premier ministre a suivi à la lettre le protocole, soucieux de ne pas afficher de préférence pour
l'un ou l'autre des candidats.
Il n'y a pas eu de poignée de main devant le 10 Downing Street, comme c'est la coutume lorsqu'un chef d'Etat
est reçu et Brown n'a pas rejoint Obama pour une conférence de presse commune.
Le sénateur de l'Illinois a rencontré dans la journée David Cameron, le chef de file de l'opposition,
créditée dans les sondages d'une forte avance sur le Parti travailliste.
Version française Jean-Philippe Lefief et Gwénaëlle Barzic
Pour nous membres du
Collectif Franco-Africain Barack OBAMA, l'effet OBAMA est de plus en plus planétaire !